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Voila comment je voudrois les preparer pendant une année entière a une forte mission qu'on pourroit leur donner en l'an 1689. C'est le tems de leurs folles propheties. Alors leurs esperances s'euanouiront. De plus, ils auront été accoutûmez a nôtre doctrine; si des missionnaires sages, doux et propres a prescher venoient alors, ils courroient en foule pour les entendre, et ils se laisseroient conduire aux sacrements. Cependant il ne leur faut aucune controuerse seiche qui les animeroit a la dispute. Il leur faut des pasteurs qui insinuent la doctrine catholique et qui effacent (1) insensiblement leurs préjugez. Les prieres les charment. Il faudroit leur en donner. Ils demandent aussi des lectures publiques du Nouueau Testament pendant que le peuple attend le sermon ou l'office. Je sais qu'il est a craindre qu'ils n'abusent de ces petites condescendances. Aussi ne fais je que rapporter leur ardent desir. Il seroit a souhaitter qu'en les obligeant d'aller a l'église on leur y fit trouuer quelque consolation qui ne changeât rien de la conduite de l'Eglise, sur laquelle il ne faut jamais rien relascher.

(1) Manuscrit : qui efface.

X

Le père Aymar de la compagnie de Jésus à M. l'abbé de Cordemoy chez M. des Combes rue des GrandsAugustins à Paris (1).

A Marenues, 14 may 1698.

J'ay compris par la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 4 de may que nos missions vous tiennent toûjours au cœur, et que vous prenez toûjours interest à ce qui les regarde. Vous avez en effet trop de part à tout le bien qu'on y a fait jusqu'ici pour les négliger, et pour ne pas vous employer aupres des puissances dont vous avez l'oreille, afin d'obtenir leur protection. L'ordre general est absolument necessaire, et il faut que la cour ne comprenne pas que la chose presse, pour le differer si longtemps. Les ministres refugiez profitent de ce délai, et écrivent tous les jours des lettres circulaires qui font tout l'effet qu'ils en attendent. Nos mal convertis deviennent tous les jours plus opiniâtres et plus insolens, et se confirment de plus en plus dans la pensée qu'on n'ose les inquiéter, et qu'on veut les laisser en repos. Ceux qui auroient quelque bonne disposition à être catholiques de bonne foi, n'ont pas le courage de se declarer de peur de s'attirer les

(1) Bibl. nat., ms. fr., nouv. acq., 507, fo 51. Cette lettre nous paraît être restée jusqu'ici inédite.

insultes des autres, et voudroient un ordre general de la cour pour leur servir de pretexte. Il est sûr que si l'on avoit une fois gaigné les principaux, tout le petit peuple suivroit. Continuez donc, Monsieur, à travailler pour obtenir cet ordre general de venir écouter les instructions, sans quoi il n'y a rien à esperer. Je devois aller faire mission à Saintes. Mais la maladie de Mgr l'evêque a rompu ce dessein. Il est vrai qu'il a été très mal d'un grand rhume. Mais il y a plus de quinze jours qu'il est hors de danger, et sa santé se rétablit tous les jours. Nous verrons ce que produira sa visite. Notre R. P. superieur vous rend tres humbles graces de votre souvenir. Je vous conjure de me continuer un peu de part dans le vôtre et d'être persuadé qu'on ne peut être avec plus de respect et d'attachement, Monsieur, votre tres humble et obeissant serviteur.

FIN DES APPENDICES.

de Fénelon à Me de Beauvilliers du 28 dé-
cembre 1685.

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VIII. Extraits des lettres inédites de Fénelon, publiées
par l'abbé V. Verlaque.

IX.

X.

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Mémoire de Fénelon, rédigé à la demande de
Seignelay, sur les moyens de «< maintenir les
esprits des nouveaux convertis dans de bonnes
dispositions à l'égard de la religion. »
Le Père Aymar, de la Compagnie de Jésus, à
M. l'abbé de Cordemoy, chez M. des Combes,
rue des Grands-Augustins, à Paris.

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