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celles de l'Homme-de-Lettres, un modèle parfait du bon goût, une source d'instructions et de jouissances pour les esprits les plus délicats et les plus élevés.

La permission que vous m'avez donnée de vous en dédier cette édition nouvelle confirme ce jugement; elle fait l'éloge tout à la fois et de l'Ouvrage et du Mécène.

L'adulation n'entrera donc pour rien dans

l'hommage d'estime et dans le tribut de re

connoissance que j'ai l'honneur de vous offrir. On peut se livrer sans crainte à un sentiment particulier, lorsqu'il est sanctionné par l'opinion publique. Protecteur éclairé des arts que vous cultivez avec succès , chéri de tout ce qui vous entoure, parce que vous-méme vous savez aimer; tels sont, Citoyen Sénateur, les traits qui commencent votre éloge : l'Histoire l'achevera; elle ne

séparera point votre nom de celui de votre

illustre frère, du Grand Homme qui tient dans ses mains les destinées de la France et de l'Europe. En racontant à nos derniers neveux la bienfaisante journée du dix-huit brumaire, elle vous couvrira tous les deux des mémes palmes; elle conservera dans ses registres immortels ces éloquens discours l'autorité de votre raison et la fermeté de votre caractère secondèrent si puissamment les magnanimes intentions du Héros qui vient de rendre à la Religion ses autels, à l'Europe sa tranquillité, à la France ses antiques limites.

Tandis que, poursuivant la carrière vous appelle la double fraternité du sang et du génie qui vous lie au premier Magistrat de la France, vous vous ferez également remarquer à la Tribune, dans les négociations, au Sénat, à l'Académie; vos

regards viendront quelquefois se repos 2r sur

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l'Ouvrage que j'ai l'honneur de mettre sous vos auspices. Au milieu de tant d'importantes occupations , la lecture de ces délicieux Apologues vous offrira quelques distractions agréables; elle fera le charme surtout de votre jeune famille. Bon comme La Fontaine , entouré de vos aimables enfans, quelquefois peut-étre, ce livre à la main, vous leur expliquerez les chefs-d'œuvre de l'immortel Fabuliste, et ils croiront l'entendre

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AVANT - P R O P O S.

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J'orr . aux admirateurs de La Fontaine, par conséquent à tous les âges et à toutes les conditions, un Ouvrage qui m'auroit épargné bien des recherches et procuré de douces jouissances, s'il eût été fait avant moi. Corneille, Racine, Despréaux, Molière, Malherbe lui-même, ont eu leurs Commentateurs; comment se fait-il que La Fontaine n'en ait pas eu ? C'est le seul hommage qui ait manqué à la mémoire de cet aimable écrivain, qui embellit la langue par ses négligences mêmes, et la perfectionna par ses

chefs-d'œuvre. Il est vrai que M. Coste avoit publié, sous le nom de Commentaire des Fables de La Fontaine, quelques notes éparses çà et là dans son édition, devenue classique. Futiles pour la plupart, sans intérêt comme sans goût, elles

me peuvent rien apprendre, ni à l'enfance

que le genre de l'Apologue introduit dans
un monde si différent de celui qu'elle va
habiter, ni au jeune homme qui aime à se
rendre compte du charme attaché à la lec-
ture de La Fontaine , ni à l'étranger curieux
d'étudier notre langue dans un de ses plus
précieux monumens, ni à l'homme-de-lettres
jaloux de pénétrer le secret de son génie,
et de justifier, par des comparaisons entre
les divers Fabulistes, les titres de sa supé-
riorité.
C'est pour suppléer à ce défaut, que ,
durant les années 1791 et 1792, nous em-
ployâmes à la composition de notre Com-
mentaire, les loisirs que nous laissoient des
études plus graves, et les fonctions impor-
tantes auxquelles nous étions attachés. Les
événemens qui ont marqué le cours de ces
mémorables années, suspendirent l'impres-
sion de cet Ouvrage; mais il étoit complet-
tement achevé; il avoit été soumis à l'examen
de divers Littérateurs, lorsque l'on publia,

en 1796, le Commentaire de Champfort sur

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