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(3) Du combat qu'a causé madame la Génisse. Madame, expression ironiquement respectueuse. C'est bien là le ton des petites gens quand ils se lâchent sur le compte des grands. C'est le

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(4) Les petits ont pâti des sottises des grands. Pensée d'Horace : Quidquid delirant reges plectuntur Achivi.

Ce ne sont point là les seules imitations que cette fable ait empruntées à la poésie latine; l'auteur en la composant, avoit sans doute sous les yeux, ces beaux vers de Virgile, dans sa description du combat des Taureaux :

Victus abit, longèque ignotis exulat oris :

Multa gemens ignominiam plagasque superbi

Victoris, tum quos amisit inultus amores.
( Géorg. L. III.vers 225, etc. )

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(Avant La Fontaine ). GRECs. Esope, fab. 1o9. Gabrias, 28. - LATINs. Anonyme, fab. 44. Faern, 77. Rimicius, L. IV. f. 17. Autre Anonyme, 56, et Romulus, 44, cités dans l'édit. du Phèdre de Barbou, pag. 132.

UsE Chauve-souris donna, tête baissée,

Dans un nid de Belette ; et sitôt qu'elle y fut,
L'autre,enverslessourisde long-temps courroucée(1),

Pour la dévorer accourut. -
Quoi? vous osez, dit-elle, à mesyeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire (2)!
N'êtes-vous pas souris ? Parlez sans fiction:
Qui, vous l'êtes; ou bien je ne suis pas Belette (3)-

Pardonnez-moi, dit la pauvrette,

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Ce n'est pas ma profession. Moi Souris! des méchans vous ont dit ces nouvelles : Grace à l'auteur de l'univers, Je suis Oiseau : voyez mes ailes ; Vive la gent qui fend les airs. Sa raison plut et sembla bonne. Elle fait si bien, qu'on lui donne Liberté de se retirer. Deux jours après, notre étourdie Aveuglément se va fourrer Chez une autre Belette aux Oiseaux ennemie (4). La voilà de rechef en danger de sa vie. La dame du logis, avec son long museau, S'en alloit la croquer en qualité d'Oiseau ; Quand elle protesta qu'on lui faisoit outrage : Moi! pour telle passer(5)! vous n'y regardez pas. Qui fait l'Oiseau ? C'est le plumage (6). Je suis Souris ; vivent les Rats ! Jupiter confonde les Chats ! Par cette adroite répartie, Elle sauva deux fois sa vie.

Plusieurssesont trouvés, qui, d'écharpes changeants(7), Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue(8). Le sage dit, selon les gens,

Vive le Roi ! vive la Ligue (9)!

(Depuis La Fontaine.) LATINs. Desbillons, L. III. fab. 35. -- FRANçAIs. Fables nouv, par M. de S. Mareel, en 1781. Amonyme cité dans le Journal de Monsieur, 1781, p. 162. Fables en chansons, L. II. fab. 35. César de Missy, Fables d'un citoyen de la Républiq. Chrét. du 18e, siècle, fab. 28. Anonyme, dans le

Fablier de la Jeunesse, de Bérenger, L. I. fab. 46. - ALLEM, Lichtwer, L. I. fab. 12.

N O TES D' HISTOIRE NATUREL L E.

CHAUvE-soURIs, animal d'une structure singulière, qu'on voit voltiger le soir. Elle a quelque ressemblance avec la Souris; ainsi qu'elle, elle est couverte de poils. Les Chauve-souris ont les yeux très-petits et la bouche fendue de l'une à l'autre oreille; leurs pattes de devant sont des espèces d'ailerons. On met cet animal au nombre des · quadrupèdes vivipares : elles sont carnassières.

BELETTE, petit quadrupède d'une forme alongée , très-bas de pattes. La Belette est fort vive et sort agile. Elle habite dans les greniers et dans les étables; elle cherche avec avidité les œufs de Poule et de Pigeon , pour les sucer. Ce petit animal tue les jeunes Poulets et les petits Poussins, d'un coup de dent qu'il leur donne à la tête, et les emporte l'un après l'autre dans son trou. Il est assez agile et assez fin pour attraper des Chauvesouris et des Oiseaux, dont il suce le sang.

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(1) L'autre envers les Souris de long-temps courroucée. On diroit aujourd'hui : dès long-temps courroucée contre. (2) Après que votre race. C'est une vieille querelle de toute la famille contre une pauvre Belette. Certes la vengeance paroît ici bien légitime. (3) Oui, vous l'étes, ou bien je ne suis pas Belette. Les gens du peuple disent : où j'y perds mon nom. Changez les acteurs; la langue est la même. (4) Chez une autre Belette aux Oiseaux ennemie. Il faudroit : des Oiseaux ennemie. (5) Moi! pour telle passer, n'est pas plus correct; le pronom tel étant mis à la place du substantif Oiseau, doit s'y rapporter pour

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(6) Qui fait l'Oiseau ? C'est le plumage. Pour quelques legères

inexactitudes plutôt oubliées qu'elles ne sont apperçues, combien
de ces vers devenus proverbes, que l'on retient, que l'on cite ,
tant ils respirent ce naturel exquis dont chacun des apologues de
notre auteur offre un modèle inimitable ! -
(7) Qui, d'écharpes changeans. Le participe actif ne se décli-
mant point, il faudroit changeant d'écharpes. - Les gens de parti,
pour se reconnoître entre eux, conviennent d'un signal, consistant
ordinairement en une bande d'étoffe plus ou moins large, que l'on
appelle écharpe. Depuis on a dit figurément changer d'écharpe ,
pour changer de parti.
(8) Ont souvent fait la figue. Rabelais (L. IV. p. 45) : « L'ung
d'euls voyant le portrait papal, lui fit la figue , qui est en ieelui
pays signe de contemnement ( mépris , du mot latin contemnere )
et de dérision manifeste. » Le poète Maynard a dit de même :

La nature en leur beau visage,
Fait la figue aux secrets de l'art.

Voici l'explication que Furetière a donnée de cette expression proverbiale, plus commune autrefois qu'elle ne l'est à présent. « J'ai lu que le proverbe il m'a fait la figue, vient de l'empereur Frédéric premier, qui, après avoir pris Milan, ordonna, pour la racheter, qu'on tireroit une figue du cul d'une Mule avec les dents. » (Fureteriana, T. I. de la collect. des Anal., Paris, 1783, p.1o8.)

(9). Le sage dit, selon les gens,

Mive le Roi ! vive la Ligue ! La morale de cette fable est eelle de la peur; elle est d'un dangereux exemple. Ce n'est point le vrai sage qui tient un pareil langage; ce n'est que l'homme timide

et sans caractère. C'est moins l'audace des factieux que l'inertie

des bons citoyens, qui prépare et consomme les tragiques attentats

déguisés sous les noms pompeux de réforme, de ligue ou de * - - -

révolution. La morale du fabuliste latin est bien plus saine :

Qui se duabus venditabit partibus '
Utrisque ingratus vitam deget turpiter.

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F A B L E V I.

L'Oiseau blessé d'une flèche.

(Avant La Fontaine). GREcs. Esope, fab. 133.'Aphtone, 32, Gabrias, 27. - LATINs. Camérar. pag. 144.

IM oRTELLEMENT atteint d'une flèche empennée (1),
VUn Oiseau déploroit sa triste destinée ;
Et disoit, en souffrant un surcroit de douleur (2) :
Faut-il contribuer à son propre malheur !
Cruels humains! vous tirez de nos ailes,
De quoi faire voler ces machines mortelles :
Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié :
Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
Des enfans de Japet (3) toujours une moitié
Fournira des armes à l'autre (4).

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(1) D'une flèche empennée. Cette expression se retrouve encore dans Rabelais, (T. II. p.) 159. « Glaterons empennés de petites plumes d'Oisons ou de Chappons (Pantagr. L. II. c. 16). » Il vient du latin penna, plume. Empenné, armé de # vieux poète Garnier avoit dit, dans sa tragédie d'Hyppolite , 1573, en parlant de l'amour : Il porte comme Oiseau le dos empenné d'ailes. Baïf en a fait son substantif pennage : Ne lui mettez au dos d'aisles au long pennage.

Ces mots n'auroient pas dû vieillir. (2) Un surcroit de douleur, causé par le regret d'avoir fourni lui-même l'instrument de son supplice.

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