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En conçussent plus de peur,
Cela causa leur malheur.
Trou, ni fente, ni crevasse (4),
Ne fut large assez pour eux :
Au lieu que la populace • ,
Entroit dans les moindres creux,

La principale jonchée
Fut donc des principaux Rats.

Une tête empanachée
N'est pas petit embarras.
Le trop superbe équipage
Peut souvent en un passage
Causer du retardement.
Les petits en toute affaire
Esquivent fort aisément :
Les grands ne le peuvent faire.

(Depuis La Fontaine). FRANçAIs. Fables en chansons, L. II. fab. 1.

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(1) Quoi que put faire Artarpax,

Psicarpax, Meridarpax. Ces noms sont empruntés du poëme de la Batracomiomachie, attribué à Homère, parce que dans ces jeux d'une muse badine, on a reconnu l'empreinte du génie sublime qui a fait l'Iliade. Les vers :

| Soutinrent assez long-temps

Les efforts des combattants, /

sont une traduction littérale du grec d'Homère, qui le dit du seul

Meridarpax. (2) Un plumail ou plumet. Rabelais : « Ma mie, donnez-leur mes

beaulx plumails blancs avec les pampillettes ( ou paillettes) d'or.» ( Pantagr. Liv. IV. ch. 14.)On lit dans le P. Charlevoix cette particularité applicable à notre apologue : « Les chefs Iroquois, au nombre de trois , se distinguoient par des plumes ou queues d'oiseaux plus grandes que celles de leurs soldats ». (Hist. de la ZVouv. France, T. I. L. IV. p, 229.) (3) Des cornes. Phedre : *.

Duces eorum qui capitibus cornua Suis ligârant. Non des véritables cornes, dit l'abbé Brottier, mais quelques pamaches ou aigrettes. La Fontaine, qui a imité l'expression latine dans son sens détourné, n'a point essayé de rendre les beautés que son modèle a répandues dans sa fable. (4) Trou, ni fente, ni crevasse. Ces trois mots n'ont point entre eux assez de différence pour être accumulés, sans une espèce de négligence. Tout ce qui n'ajoute rien à la pensée ou à l'expression, la gâte ou l'affoiblit. Convenons que cette fable est du très-petit nombre de celles que La Fontaine a moins travaillées. Le chansonnier qui a mis en vaudevilles les fables de La Fontaine et celles de Richer, dépeint ainsi la mêlée des Rats et des Belettes :

Fiers et de rage transportés,
Les bataillons des deux côtés
S'avancent ,
Et les premiers postés
· Déjà s'élancent.
Mais on se mêle, et tout d'un temps
Tombent milliers de combattants.
La plaine
De morts et de mourans 1
Est toute pleine.
Le peuple Rat plie et s'enfuit, etc.

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(Avant La Fontaine). GRECs. Esope, fab. 88. - LAr # NsFaerne, fab. 36.

| o
| C'éroir chez les Grecs un usage
Que sur la mer tous voyageurs
Menoient avec eux en voyage (1),
Singes et Chiens de bateleurs. -
Un navire en cet équipage
Non loin d'Athènes fit maufrage.
Sans les Dauphins tout eût péri. • ;
Cet animal est fort ami ·
De notre espèce : En son histoire
Pline le dit ; il le faut croire (2).
Il sauva donc tout ce qu'il put.
Même un singe en cette occurrence,
Profitant de la ressemblance,
Lui pensa devoir son salut. | , !
Un Dauphin le prit pour un homme,
Et sur son dos le fit asseoir
Si gravement, qu'on eût cru voir · · · · · ·
Ce chanteur que tant on renomme (3). •
Le Dauphin l'alloit mettre à bord, ,
Quand, par hasard il lui demande : ·
Étes-vous d'Athènes la grande ? · ·

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Oui, dit l'autre, on m'y connoît fort :

S'il vous y survient quelque affaire,
Employez-moi; car mes parents
Y tiennent tous les premiers rangs :
Un mien cousin est Juge-Maire.
Le Dauphin dit : bien grand merci :
Et le Pyrée (4) a part aussi
A l'honneur de votre présence ?
Vous le voyez souvent, je pense ?
— Tous les jours : il est mon ami ;
C'est une vieille connoissance.
Notre Magot prit, pour ce coup,
Le nom d'un port pour un nom d'homme.

De telles gens il est beaucoup,
Qui prendroient Vaugirard pour Rome ;
Et qui , caquetant au plus dru,
Parlent de tout, et n'ont rien vu.

Le Dauphin rit, tourne la tête ; - -
Et le Mâgot considéré, . --- #
Il s'apperçoit qu'il n'a tiré -
Du fond des eaux rien qu'une bête : ·
Il l'y replonge, et va trouver
Quelque homme afin de le sauver.

(Depuis La Fontaine). TRANçAIs. Benserade, fab. 116. Fables

en chansons, L. III, fab. 21. -LAT1Ns. Desbillons, L. V. fab. 13. Le Beau, Carm. pag. 36. - o )

N O TE D' HISTOIRE NATURELLE.

LE DAUPHIN est un animal marin, qui ressemble peu à ces figures que l'on emploie dans le blazon, et à celles que font les Sculpteurs et les Peintres, sous ee nom - Sa

longueur ordinaire est de six pieds. Il a sur la tête df •-- 11 2S ouvertures par où il respire et rejette l'eau. Ses mâcho 1 r-c $ sont armées de petites dents pointues, dont les deux r** II " gées s'enchâssent les unes dans les autres; sa queue est horizontale comme celle de la Baleine. Malgré ce qu " on dit de l'amour des Dauphins pour notre espèce, et «de leur goût pour la musique, s'ils suivent les vaisseau2 * » c'est plutôt pour attraper ce que l'on jette, que paramc>**

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(1) Que sur la mer tous voyageurs Menoient avec eux en voyage. On a quelque droit de s'étonrx e* qu'un semblable pléonasme ait échappé au goût délicat et sév& re de notre poète; oui sévère; car un des génies les plus faciles q 11e la littérature française puisse vanter, en est aussi un des p111s COl'reCtS. - (2) En son histoire - -#! Pline le dit ; il le faut croire. Nous avons de Pline, surnomma é l'ancien, une Histoire naturelle en 37 livres. Pline le jeune, sonneveu, prévint le jugement de la postérité, en disant de cet ou vrage, qu'il étoit d'une étendue , d'une érudition infinies, et presque aussi varié que la nature elle-même. Ce qu'il a dit d11 Dauphiu dans cet ouvrage, un des plus précieux monumens dc l'antiquité, il l'avoit pris d'Aristote, dans son Histoire naturelle des Animaux, comme le savant Gessner l'a observé (de DelphLitt. D.). La Fontaine qui n'en croyoit rien, invite, avec une admirable simplicité, ses lecteurs à le croire. (3, Ce chanteur que tant on renomme. Arion, menacé par des matelots qui en vouloient à sa vie, obtient la grace de chanter sur sa lyre. Emus par son chant , des Dauphins accourent : le musicien alors s'elance dans la mer; les poissons le reçoivent sur leur dos, et le portent au rivage. Cette histoire est racontée par Plutarque, dans son Banquet des sept Sages, par Ovide, au II°. Liv. de ses Fastes , d'après Hérodote., (4) Et le Pyrée. Port d'Athènes.

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