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aurait le plus souvent sacrifié l'intérêt général *.

Quant à la forme même du précepte, elle convenait à l'esprit du temps. Il ne se borne pas à déclarer l'utilité du septième jour; il ne dit pas que l'Eternel exige impérieusement que l'on consacre ce jour au repos; il frappe au contraire les imaginations par le rapprochement le plus flatteur. Après avoir travaillé six jours à produire le Monde, Jéhovah se reposa le septième et contempla son œuvre : que le peuple d'Israël imite ce Dieu puissant a6!!!

Outre les assemblées de chaque semaine, la loi en établit plusieurs autres à temps fixe, les assemblées du premier jour du mois lunaire, ou les néoménies, et trois grandes assemblées générales et annuelles dans la ville capitale de l'État.

Isaïe, se plaignant dela conduite de ses concitoyens dans ces assemblées diverses, indique en peu de mots leur nombre, leur nature et les intentions du législateur. « Qu'ai-jebesoin, dit Jéhovah, de tant de sacrifices, de vos oblations et de votre parfum? Toutes ces choses m'obsèdent et me font trouver de l'ennui à vos nouvelles lunes , à vos jours de sabbath, à la publication de vos convocations et à vos assemblées solennelles Recherchez le droit, redressez celui qui est foulé, rendez justice à l'orphelin: soutenez la cause de l'étranger et de la veuve; alors Sion méritera d'être nommée Cité juste et fidèle »

* On a souvent exagéré les exagérations mêmes des Juifs, dont les malheurs avaient accru les superstitions. Les talmudistes reconnaissent plusieurs cas dans lesquels c'est non-seulement chose permise, mais c'est un devoir de rompre le sabbath : s'il s'agit de la défense de l'Etat, du service du prince , de porter du secours dans une incendie, de sauver un homme, quel qu'il soit, du moindre danger. Si dans cette dernière intention, disent-ils, vingt personnes rompent le sabbath, pour une chose qui n'en exige qu'une seule, elles ne font point mal, au contraire. ( Manus forlis , ou Abréefi du Talmud, toni. II, 78 , 81>. )

« Honore ton père et ta mère afin que tes jours soient prolongés sur la terre. Tu ne tueras point. Tu ne commettras point d'adultère. Tu ne déroberas point. Tu ne porteras point de faux témoignage. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain *, ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien qui lui appartienne 28. »

Il n'est pas besoin d'observer que ces préceptes , énoncés avec d'autant plus de laconisme qu'ils sont d'un intérêt plus immédiat, con* Le mot maison est pris ici pour l'ctai de la famille, comme on disait la maison d'Israël, 11 y a une variante dans la répétition du Décalogue que renferme le Deutéronome (chap. v) : la femme est nommée d'abord. H Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. Tu ne souhaiteras pas la maison de ton prochain , ni son champ, etc. »

sacrent le principe de la liberté positive des individus, et prescrivent que chacun soit respecté par tous les autres hommes séparés ou réunis, dans sa personne son repos et sa propriété.

Les grands principes et les recommandations générales renfermées dans le Décalogue se réduisent donc auxsuivans:

Principe fondamental de l'unité, dont les premières conséquences politiques sont, égalité, liberté. Unité universelle ou l'Etre-Dieu, Hovah. Unité nationale ou l'être-peuple, Israël» Nous parlerons plus tard de l'unité individuelle ou de l'homme.

Devoir pour l'homme de ne jamais accorder à ses semblables ni à d'autres créatures, le genre d'hommages qui n'appartient qu'à la Divinité.

Droit pour le peuple de s'assembler tous les sept jours, dans l'intérêt des lois et de la prospérité du pays. Devoir pour chaque citoyen de partager son temps et ses pensées entre les intérêts privés et les intérêts publics, dans la proportion au moins de six jours à un.

Enfin, devoir de respecter les personnes et les propriétés; droit d'être respecté soi-même.

Telle est la déclaration des principes. On aura remarqué que la possession de la terrepromise n'est nullement présentée comme une obligation fondamentale qui dirige sur elle l'affection exclusive des Hébreux. Un sol peut devenir la proie d'une force ennemie. Faudra-t-il avec cette portion de la terre abandonner les principes qu'on y professait? Faudra-t-il que ces principes même s'anéantissent sous les remparts abattus? « Non, dit le législateur; si ton courage a succombé dans leur défense, ta voix te reste pour celébrer leur sagesse, et ton cœur pour les aimer. »

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Après avoir exposé les principes qui servent de fondement à la loi, considérons cette loi même sous son aspect le plus général, et faisons connaître, premièrement, ses conditions intimes; secondement, le mécanisme au moyen duquel une proposition ou une série de propositions qui prescrivent de faire ou de ne pas faire-certains actes, acquièrent le caractère de loi; troisièmement enfin, la nature de l'influence que cette loi formée avec régularité doit exercer sur l'association publique. Ainsi, avant de porter toute son attention sur les nombreux détails d'un monument, l'observateur s'efforce d'en saisir l'ensemble et de s'élever aux principales pensées qui en ont dirigé l'exécution : et certes, il est inutile de répéter que je suis loin d'avoir cru un

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