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qu'elles n'entendaient plus satisfaire à des charges si multipliées. Le roi ne voulut pas accéder à leurs remontrances; il écouta l'avis des courtisans qui lui insinuèrent que ce serait manquer à sa dignité que de-1 faire des concessions au peuple. « Quelle part avons-nous reçue de David, s'écrièrent alors les dix tribus; Israël, retire-toi dans tes tentes, et toi, Roboam , pourvoie ailleurs ta maison. » Mais le roi, malgré cette protestation, envoyachez elles Adoram, le principal percepteur des redevances : il parut à pe4ne, qu'on s'insurgea contre lui et qu'on l'assomma de pierres. Les tribus de Judaetde Benjamin qui étaient restées fidèles, par la raison surtout qu'elles avaient plus profité que toutes les autres des dépenses du feu roi, fournirent à Roboam une armée avec laquelle il se proposa de soumettre les révoltés. Mais le prophète Sémahia leur dit au nom de l'Eternel: « Vous n'avancerez point, vous ne combattrez pas contre vos frères; retournez chacun dans vos demeures : Jéhovah n'avait donné la couronne à Salomon qne sous la condition expresse qu'il respecterait le pacte public, qu'il n'enfreindrait aucune loi; et sa conduite a été telleque, sans le souvenir de David, sa postérité eût pour jamais été chassée du trône '**. » La contribution pour l'entretien de la maison royale continua d'être perçue dans le nouveau

royaume; mais tout porte à croire que la levée de bouclier contre Roboam, la fit restreindre , du moins pour quelque temps, dans de justes, bornes. Ezéchiel déclare qu'on devait assigner un domaine particulier au prince, et lui concéder de plus un soixantième des grains et un centième de l'huile , avec lesquels il serait tenu non seulement d'entretenir sa maison, mais de fournir aux dépenses de tous les sacrifices publics '^5. En cela, le principe de l'égale répartition était de nouveau consacré , et la modération de la taxe ramenait à la loi qui nous apprendra plus tard, que l'homme choisi pour porter, le sceptre devait vivre toujours avec simplicité*

La plupart des censures et philippiques des prophètes signalent l'avidité des rois, des chefs, des sacerdotes, à retirer de l'argent du peuple. « Malheur à vous! s'écriaient-ils. Vous êtes solidaires les uns pour les autres; au grand jour du paiement des fautes, vous supporterez tout le poids de vos iniquités: l'épée fera couler le sang dans les appartemens les plus reculés; elle n'epargnera ni le vieillard, ni la vierge , ni les petits enfans ; la dévastation et u/ie eflrayaqte solitude se succéderont dans vos palais '46. » La taxe qu'imposa Ménahem roi d'Israël, vers l'an 771 avant notre ère, pour acquitter le tributde mille talens d'argent qu'avait exigé Phul roi des Assyriens, ne fut supportée que par les riches.'47. Le tribut de cent talens d'argent et d'un talent d'or que Pharaon-Néco mit plus tard sur le royaume de Juda, donna lieu à une égale répartition l4S. Sous la domination des rois de Syrie successeurs d'Alexandre, des rois d'Egypte et des Romains, le nombre et le poids des impôts s'accrurent d'une manière effrayante. Plus les Juifs payaient, plus on exigeait de leur part des sacrifices : qui ne connaît les concussions des préteurs romains dans les provinces réunies à l'Empire! Jules César les soulagea. Ils avaient subi le régime des fermiers généraux , comme tous les pays environnans ; le texte même du décret impérial fait connaître les exactions des époques précédentes, et donne l'idée de cette astucieuse politique avec laquelle Rome, s'adressant aux peuples qu'elle projetait de détruire, savait si bien voiler ses projets sous des mots imposans. Cependant le zèle des Juifs à envoyer régulièrement leurs offrandes des pays lointains dans lesquels l'oppression les avait fait émigrer, conservait toujours de l'importance au trésor du temple, qui fut pillé plusieurs fois parlesgénéraux étrangers, comme je le dirai, quand il s'agira de ce temple même. « Jules César empereur, dictateur pour la seconde fois et souverain pontife, après avoir pris conseil, nous avons ordonné ce qui suit: Attendu qu'Hircan, fils d'Alexandre , juif de nation, nous a de tout temps donné des preuves de son dévouement; que dans la dernière guerre d'Alexandrie il a amené, par notre ordre, à Mithridate, de Pergame, quinze cents soldats, qui n'ont cédé en valeur, à personne ;..-.. que les commandans des provinces nous ont rendu des témoignages favorables d'Hircan et de toute sa nation, chose dont le sénat et le peuple romain leur ont su beaucoup de gré, nous voulons que lui et ses descendans soient princes et grands sacrificateurs des Juifs, pour exercer ces charges selon les lois et les coutumes de leur pays;.j... qu'on leur envoye des ambassadeurs pour contracter amitié et alliance; qu'on mette dans le Capitole, dans les temples de Tyr, de Sidon et d'Ascalon des tables de cuivré où toutes ces choses soient gravées en caractères romains et grecs, et que cet acte soit signifié aux magistrats de toutes les villes, afin que tout le monde sache que nous tenons les Juifs pour nos amis, et qu'on reçoive bien leurs ambassadeurs...Nous ordonnons en même temps ,, que les habitans de Jérusalem payent tous les ans> hofs la septième année , qu'ils nomment sabbathique, un tribut, dont la ville de Joppé sera exempte; qu'ils payent de deux en deux ans, dans Sidon, le tribut, qui consiste au quart des semences, et les dîmes à Hircan et à ses enfans, comme ont fait leurs prédécesseurs. Il sera défendu à tout gouverneur, chef de troupes, ou ambassadeurs de lever des gens de guerre, ni d'exiger aucune imposition dans les terres des Juifs, soit pour quartiers d'hiver, soit sous tout autre prétexte; mais on les laissera jouir paisiblement de ce qu'ils ont acquis et acheté. Nous voulons de -plus , que la ville de Joppé, qu'ils possédaient quand ils firent alliance avec le peuple romain, Jeur reste, et qu'Hircan et ses enfans reçoivent les revenus qui proviennent, tant des laboureurs, que du droit d'ancrage et des marchandises qu'on transporte à Sidon Enfin, nous entendons qu'il jouissent de toutes les faveurs qui leur ont été accordées par le sénat et par le peuple romain, »; qu'Hircan, ses enfans et ses ambasadeurs aient droit de s'asseoir avec le sénat pour voir les combats des gladiateurs et tous les spectacles publics : et que lorsqu'ils auront quelque chose à demander, on leur fasse connaître la réponse dans dix jours ,49. »

Mais ce décret fut bientôt abrogé , et les choses empirèrent deplus en plus * sous les pro

: * LoS puhlicains étaient les percepteurs des impôts. L'Evangile attcslc l.i luine que les Juifs leur portaient. . ,.

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