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forte etun bras étendu; mais abj urez vos craintes, l'heure de la délivrance est arrivée837. »

Cependant il reparut devant le monarque qui entrevoyait les dangers d'une révolte ouverte, et qui se sentait captivé par tout l'ascendant qu'un homme si supérieur peut acquérir sur un esprit vulgaire. Toutes les circonstances susceptibles de frapperlesimaginations, furent utilisées par le sage Hébreu; l'apparition successive des fléaux les plus redoutés dans ces climats; insectes destructeurs, épidémie, épizootie, tempêtes , et autres choses sur lesquelles on n'a pas l'entière certitude de bien comprendre la pensée de l'historien, soit à cause du laconisme et de l'hyperbole du langage, soit même en raison de quelques unes des surcharges dont l'existence a été signalée d'une manière générale dans le Pentateuque. « Dans la partie des livres sacrés qui traite de cette époque, dit M. du Bois-Aymé, l'un des savans de l'expédition des Français en Egypte, il est plusieurs faits, qui, bien qu'extraordinaires, s'accordent néanmoins avec le récit des auteurs profaneset avec l'état actuel du pays 3S. »

Divers philologues célèbres de l'Allemagne, parmi lesquels Eichhorn, se sont appliqués à démontrer que chacune des plaies d'Egypte était très-commune dans cette contrée; ce ne fut que l'intervertion des époques où elles arrivaient ordinairement et leur succession rapide qui frappèrent de terreur 39. D'ailleurs, la nature même des prodiges, faciles pour les mages égyptiens, prévient à elle seule tout étonnement exclusif et généralise le problème. Quand des hommes changent devant d'autres hommes, aussi clairvoyans que Moïse et Aaron, une verge en serpent, de l'eau en sang, quand ils font naître à volonté des grenouilles 4°, à quoi ne faut-il pas s'attendre? « Si dans toute chose, comme l'observe Jean-Jacques, il n'y a que le premier pas qui coûte, ne doit-on pas, avant tout, être surpris qu'ils se soient arrêtés en si beau chemin? »

Sur ces entrefaites, ses frères, qui recevaient rapidement ses ordres, et qui lui communiquaient leurs pensées par le canal de leurs anciens , se procuraient des armes et s'organisaient avec assez d'ensemble, pour que leur chef connût aussitôt le nombre des hommes capables de combattre.

Enfin, lorsque l'équité eut été vainement invoquée , les prières et les menaces vainement employées devant le pharaon, qui promettait et se rétractait sans cesse, le Dieu de Moïse lui commanda de frapper un coup décisif. L'ordre fut transmis aux Hébreux d'obtenir des Egyptiens, par force et non par ruse, des vêtemens et des vases d'argent et d'or comme un faible dédommagement des longs travaux auxquels on les avait assujettis.

Qui s'imaginerait, en effet, que ce fut un abus de confiance de leur part qui les mit en possession de toutes ces choses? Les enfans d'Israël sortirent en armes du pays d'Egypte *'. Voilà le fait consigné dans le texte, reconnu par la Vulgate, et sur lequel il ne peut s'élever de contestation sérieuse *. Bien plus, le mot hébreu qui signifie emprunter, signifie aussi requérir ; et le texte nous apprend que les fils de Jacob butinèrent^, sans résistance, les Egyptiens.Comment donc se fait-il que cette même Vulgate ait traduit en ces termes : « Vous direz à tout le peuple que chaque homme demande à son ami, et chaque femme à sa voisine, des vases d'or et d'argent43? » Quoi! les Hébreux, si horriblement opprimés, auraient eu chacun un ami égyptien, et ils étaient six cent mille hommes au-dessus de vingt ans !... Quoi! six cent mille hommes, et même soixante mille capables de combattre, demandent au même jour, à la même heure par tout le pays, les choses les plus précieuses que possèdent leurs oppresseurs, et on les leur accorde de plein gré! Ils les demandent, après que neuf plaies sont tombées sur l'Egypte , et la Vulgate cite cela comme un prêt amical; et elle ne voit pas que le mot hébreu signifie nonseulement un ami, mais le prochain, le voisin, de sorte que l'ordre fut donné à chaque Hébreu de butiner l'Egyptien qui serait le plus près de lui, le mieux à sa portée. De nos jours encore, toute armée conquérante invite les habitans des pays qu'elle traverse à lui délivrer de l'argent et des vivres. C'est une invitation de ce genre que firent les six cent mille hommes à qui l'on devait la plus large compensation pour tant d'années de travaux. Sil y eut miracle, il consista en ce que l'âme des Egyptiens, surnaturellement énervée, leur céda de bonne grâce.

* Bientôt après, Josué, dans le désert, fut chargé par Moïse de chasser les Amalécites à la pointe de l'épée. (Exod. xvn.) S'il plaît à l'historien Josèphe, qui passe, comme par oscillations, de la plus haute philosophie à la plus excessive crédulité, d'ajouter au miracle, en armant les Hébreux du fer des Egyptiens submergés, quoique le texte n'en dise rien, nous ne sommes pas tenus de le suivre, nous ne pouvons même pas le suivre , à cause de ces mots expressifs : Ainsi les enfans d'Israël montèrent ceints de leurs épées. D'ailleurs, à part même cette expression du fait, comment eùt-il été possible que des hommes qui étaient divisés en corps, commandés par un chef principal, qui emportaient des vêtemens , des vases, des outils de toute sorte, et jusqu'à des drapeaux, qui étaient appelés enfin à faire une conquête sur des populations armées, eussent oublié la chose la plus indispensable pour eux, leurs armes?

Mais prenons garde à ceci : le style hébraïque ne met pas en scène Dieu, la nature et l'homme; il ne parle que de l'homme et de Dieu. Tout ce qui se rattache au développement général de l'humanité vient de Dieu, tous les faits vrais et nécessaires dérivent de lui. Il produit l'enthousiasme du grand homme et le vertige du despote , la force et la faiblesse de cœur. En conséquence , il ne faut pas confondre des langages très-différens et chercher un accident surnaturel partout où ce nom est prononcé. Pour ne l'avoir pas fait, des philosophes eux-mêmes sont tombés dans des erreurs singulières, et ont donné quelque poids à des déclamations railleuses, dont le législateur, s'il les eût entendues, aurait bien eu le droit à son tour de se railler.

Manéthon, à qui l'on ne conteste plus sa bonne foi, raconte, d'après les annales sacrées de l'Egypte, qu'il avait à sa disposition, et d'après les traditions populaires, deux événemens remarquables, séparés par deux siècles environ, et entre lesquels on avait à choisir celui qui s'appliquait à la sortie des Hébreux. L'un et l'autre présentent la chose sous l'aspect militaire; mais, dans le second, elle est enveloppée d'un conte que l'amour-propre national avait propagé, et que Josèphe foudroie en deux mots.

Voici le plus ancien, qu'il a puisé dans les annales sacrées. « Sous le règne de Timaiis, l'un de nos rois, dit-il en substance, Dieu, irrité contre nous, permit qu'une grande armée ve

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