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état de détresse qui ne lui permit pas de s'acquitter envers les enfans de Lévi. Le temple fut à peine purifié sous Juda Machabée, que les zélateurs y apportèrent avec joie les prémices et leur dixième : mais les sacerdotes, depuis la confusionsurvenue dans les propriétés, avaient acquis des terres contre le vœu de la loi; ce fut un motif de plus pour éluder la dîme que la chute de Jérusalem éteignit entièrement. D'autres charges pesèrent alors sur la nation. Les amis de l'ordre primitif gémirent de cet état de choses; et pour rendre l'impression que faisaient sur eux la violation du pacte, et la servitude qui en était la conséquence, ils déclarèrent, comme par dépit, que les fruits de la terre n'avaient plus depuis la même saveur36.

On retrouve la dîme en usage chez un grand nombre de peuples anciens; mais chez aucun d'eux elle ne reposait sur les mêmes bases qu'en Israël, ni elle n'était entourée des mêmes circonstances.

CHAPITRE IV.

AGRICULTURE^

La vie champêtre a dignement inspiré quelques poètes : leurs riants pinceaux ont prêté à la nature de nouveaux charmes et nous ont appris à l'aimer. Que leur puissance sur les cœurs soit immortelle comme le sujet de leurs chants!

Mais l'agriculture se présente sous un point de vue bien plus positif; elle est la nourrice du genre humain, elle a des principes, une expérience, des théories qui l'élèvent au rang d'une science des plus étendues. Que penserons-nous donc des peuples anciens qui l'ont regardée comme une profession servile, et chez lesquels le citoyen n'osait se déclarer agriculteur; des philosophes grecs qui soutenaient qu'une bonne république ne donnerait jamais aux artisans le droit de cité, et qui livraient à des esclaves la culture des terres*?

Moïse au contraire dirigea les citoyens vers l'agriculture, d'abord parce que rien ne lui paraissait plus utile, ensuite parce qu'il existe pour les peuples comme pour les familles des circonstances particulières où il leur convient de se satisfaire à eux-mêmes, et de vivre autant que possible dans leur intérieur.

Situé entre le trente-unième degré de latitude et le trente-troisième, de trois degrés environ plus rapproché du tropique septentrional que la fertile et chaude Andalousie, le pays d'Israël est borné au nord par la chaîne du Liban qui le préserve des vents les plus froids; au midi par les montages de Séhir; à l'occident par la mer Méditerranée, à l'orient par les montagnes d'Hermon et de Galaad. Le Jourdain, dont le cours n'a du nord au midi que cinquante lieues environ, et qui après avoir pris sa source dans l'Anti-Liban traverse, le lac de Génésareth ou merde Tibériade et va se jeter dans le lac Asphaltide, est la seule rivière remarquable; mais des pluies fréquentes dans l'automne et dans le printemps, des sources et des ruisseaux auxquels les eaux qui descendent des montagnes donnent souvent l'importance'des rivières, et des rosées de chaque jour, servent à le rafraîchir et à la féconder. « C'est un bon pays que celui dans lequel va te faire entrer l'Eternel ton Dieu, dit le législateur, un pays de torrens d'eaux, de fontaines et de sources profondes qui naissent dans la vallée et sur la montagne; un pays de froment, d'orge, de vignes, de figuiers, de grenadiers , d'oliviers et de miel; où tu n'éprouveras point la disette, où rien ne te manquera37. »

* Une partie des Grecs, surtout les Spartiates. Platon , Aristote. foyez Plutarq., fie de Lycurguc; Montesquieu, Esprit des Lois, 1. IV, chap. vu.

Jugerait-on sa fertilité passée par son état actuel? Les guerres dévastatrices qu'il a subies; la langueur dans laquelle il est plongé depuis tant de siècles; la puissance du Turc qui le dessèche sous ses pas rendent raison de l'aspect qu'on lui a reproché d'une terre de fer. Les plaines de la Grèce aussi sont dépouillées; mais à quelle prospérité n'oseront-elles pas prétendre, quand des bras vigoureux ouvriront leurs entrailles au soleil de la liberté *!

* « Jérusalem a été prise et saccagée dix-sept fois, dit M. de Chateaubriand; nulle autre ville n'a éprouvé un pareil sort.... Dans cette contrée, devenue la proie du fer et de la flamme, les champs incultes ont perdu la fécondité qu'ils devaient aux sueurs de l'homme; les sources ont été ensevelies sous des ébouleméns; la terre des montagnes n'étant plus soutenue par l'industrie du vigneron a été entraînée au fond des vallées; et les collines jadis couvertes de bois de sycomores n'ont plus offert que des sommets arides» (Itinéraire, tom. n). Vo ir les Mémoires de Guénée sur la fertilité de la Judée.

Frappé de voir le sol latin autrefois si fécond devenu si stérile, Pline s'écriait : « Il nous donnait des fruits en abondance, la terre prenait, pour ainsi dire, plaisir à être cultivée par des mains couronnées de lauriers, et pour répondre à cet honneur elle multipliait de tout son pouvoir ses productions. Il n'en est plus de même aujourd'hui; nous la faisons cultiver par des esclaves ou des forçats, et l'on serait tenté de croire qu'elle a ressenti cet affront38. »

Le premier moyen de faire fleurir l'agriculture est de l'honorer. N'avait-elle pas cet avantage chez les Hébreux, où les mêmes hommes passaient des soins de la campagne aux plus hautes fonctions publiques, et retournaient ensuite à leurs travaux privés? Après avoir été

« Je passai plusieurs heures, dit un voyageur , à la date de cette année même, à parcourir dans tous les sens le plateau de la montagne.du Carmel ; c'est la plus étendue et la plus belle de la Palestine : en plusieurs endroits elle est couverte de bois et de fleurs. Au débouché d'un bosquet de palmiers, nous découvrîmes à nos pieds la fameuse plaine d'Esdraëlon que le Kichon baigne de ses eaux; en face s'élèvent le Thabor et l'Hermon; et sur la gauche l'horizon est borné par les coteaux de Samarie. Ce tableau, malgré sa tristesse, ne répond pas à l'idée qu'on se fait de la désolante stérilité de la Palestine; on peut juger à la richesse de la végétation, que si cette terre était cultivée avec soin, elle serait comme jadis le jardin du Seigneur» (Revue britannique. Mai 1827, p. 109. Neuvième Lettre sur l'Orient, tirée du New Monthfy magazine ).

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