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blique, n'avait besoin de l'autorisation de personne; tout homme au contraire qui faisait des miracles dans des vues subversives de la constitution, était arrêté et puni.

Ce privilége rentre donc en entier dans les priviléges naturels, et il conduit à cette conséquence que dans les siècles modernes où la faculté des miracles a vieilli, et où, pour atteindre le but que se proposaient les vrais prophètes, c'est-à-dire le bien-être positif des nations, Dieu se borne à accorder à certains hommes de hautes facultés intellectuelles, il faut que ceux qui en sont pourvus, dans quelque classe qu'ils se trouvent, puissent les utiliser librement.

Aux yeux des seconds, puisque les prestiges servaient alors de moyen pour agir sur l'esprit des hommes, n'était-il pas naturel que les citoyens qui se croyaient appelés à parler au peuple fussent capables de les produire, quoique la loi ne l'exige point.

Que ce prétendu privilége fut une faculté supérieure ou un moyen politique, dès qu'il pouvait retomber sur tous sans distinction, ou qu'il était dans les mains de tous, l'égalité républicaine restait parfaite.

On concevra donc maintenant toute la force de ces expressions du Pentateuque : «< Conservez soigneusement vos lois; elles seront la preuve

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de votre sagesse et de votre intelligence aux yeux des nations; car quelle est la nation, quelque grande qu'elle soit, qui ait ses dieux aussi près d'elle que vous avez l'Eternel votre Dieu ! Aucune entrave ne vous est imposée; aucun intermédiaire ne s'élève comme un mur entre vous et lui; vos lois vous sont représentées chaque jour, et c'est pour chacun de vous un devoir de rechercher ce Dieu et de répéter sa parole, dès que vous l'aurez comprise; car l'effet de cette parole sera votre indépendance nationale, la paix, votre félicité. »

Les livres sacies prouvent que le nombre des prophètes dont les écrits se sont perdus *, ou dont les discours n'ont jamais été écrits, est des plus considérables : chaque ville avait les siens. Ils suivaient d'abord quelque prophète en réputation, et les séances du conseil; même ils formaient des espèces de colléges, dans lesquels on s'efforçait, dès les premiers siècles, d'exciter par la musique des cerveaux encore inertes, et où on les initiait à toutes les connaissances de l'époque et à l'esprit des lois. Elisée, qui de l'avis des docteurs a présidé le

De ce nombre sont Gad, Nathan, sous le règne de David; Hiddo, Ahija, etc., sous Salomon; Semeïas, Hanani, Azarias Jehu fils d'Hanani, qui avaient é rit des livres, des chroniques et mémoires. (II. Chroniq. 1x, 29; xu, 15, etc. )

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grand-conseil, parlait à cent disciples: de là, le nom de disciples ou enfans des prophètes. Ils rentraient ensuite dans le sein de la cité qu'ils avaient choisie, et là, ils haranguaient le peuple, et contre-balançaient l'influence des sacerdotes, des magistrats, du sénat même qui ne manquait jamais dans les occasions importantes de réclamer l'avis d'un des orateurs les plus renommés 103

Mais on juge d'avance que parmi tous ces prêcheurs populaires il n'y eut qu'une faible minorité généreusement inspirée; la foule parla sans discernement, sans raison, sans enthousiasme, et, sacrifiant la voix de Dieu ou les intérêts du peuple à ses intérêts propres, vendit avec ignominie et sa conscience et ses discours. << Vos prophètes vous ont perdus, s'écriait Jérémie dans son affliction : ils vous ont amusés des choses frivoles et vaines, ils n'ont parlé que pour de l'argent, et n'ont pas mis le doigt sur votre iniquité, afin de détourner les malheurs 104. »

par

« C'est dans les assemblées publiques, aux jours du sabbath, aux premiers jours du mois lunaire et dans les convocations solennelles que les prophètes, dit Calmet, haranguaient le peuple et reprenaient les désordres et les divers abus qui se glissaient dans la nation 105 » Mais Ezechiel signale d'une manière autrement élé

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gante et poétique leurs devoirs. Alors la parole de l'Éternel me fut adressée : « Quand l'ennemi s'avance vers un pays où le peuple a établi un des siens en sentinelle ; si cette sentinelle sonne du cor, et si le peuple, quoiqu'il ait bien entendu, ne se défend point, son sang retombe sur lui seul; mais si la sentinelle ne sonne pas du cor et laisse surprendre le peuple, je lui demande compte à elle-même du sang versé. Je t'ai établi, ô prophète, pour sentinelle d'Israël ; tu écouteras ma parole et tu les harangueras de ma part: alors tes devoirs seront remplis ; mais si tu gardes le silence et qu'ils périssent, à toimême je tiendrai compte de leur malheur106.

Ainsi, quelle nouvelle différence entre Israël et l'Égypte ! Chez celle-ci la masse des citoyens n'oserait, sans encourir les plus terribles peines, prononcer quelques mots des affaires de l'Etat : c'est Harpocrate ayant le doigt sur la bouche; c'est le silence qui est Dieu : en Israël, c'est la parole. Qu'importent certains abus! mieux vaut laisser leur libre cours à des torrens de paroles vaines, qu'en arrêter une seule qui viendrait de par l'Eternel *.

*

'Lorsqu'un prétendu prophète, nommé Semaïa, proposa à un pontife de prendre autorité sur les orateurs que la vue des injustices agitait, de les réprimer, de leur fermer la bouche, Jérémie le traita de misérable et de factieux, et le voua à la vengeance céleste. (Jérém., xxix, 26, 27, 32. )

Les prophètes parlaient souvent d'abondance; d'autres fois ils lisaient leurs discours, qui prouvent l'entière liberté qui leur était laissée contre tous les fonctionnaires sans exception et contre le peuple en masse, dont l'indolence, l'égoïsme et les superstitions paraissaient à leurs yeux la cause première des maux qui retombaient sur lui.

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Peuple chargé d'iniquités, s'écriait Isaïe désolé des abus qui avaient perverti la constitution de l'État, tu irrites par tes mépris le Saint d'Israël; aussi ta tête souffre et ton cœur reste languissant : reviens à la voix de ton Dieu; prête l'oreille à la loi; sinon tu périras. Tes gouverneurs sont comme des larrons; ils ne courent qu'après les récompenses; ils ne font pas droit à l'orphelin, et ils sacrifient la veuve ; c'est pourquoi le Puissant d'Israël a dit : Je les punirai, je me vengerai; ... et je rétablirai les juges tels qu'ils furent la première fois, et les conseillers tels qu'au commencement 1o7. >>

<< Il est arrivé sur cette terre, s'écrient Jérémie, Michée, Ezéchiel, une chose étonnante et qui fait horreur: de vils prophètes ont prêché le mensonge; les sacerdotes ont dominé par leur moyen; et mon peuple a pu aimer cela!... Nous sommes remplis de l'esprit de justice et de courage, pour censurer Israël : écoutez donc,

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