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titres leur furent accordés séparément : et l'on disait d'eux qu'ils étaient princes des Juifs et grands sacrificateurs 37, par la raison que l'une de ces fonctions n'était point la conséquence de l'autre. 9

Sous leurs successeurs et sous la dynastie d'Hérode, le pontificat fut à la merci de ceux que la force étrangère protégeait.

Enfin, après avoir présidé quelque temps le conseil des anciens, sous les procurateurs de la Judée, devenue province romaine; après avoir essuyé des désastres pendant le gouvernement de Félix, qui fit assassiner le pontife Jonathas, et sous le roi Agrippa II, qui accrut les discordes intestines, les sacerdotes prirent une part honorable à la guerre contre les Romains et partagèrent les fatales destinées de la nation.

Où est donc la théocratie? Ne s'est-on pas laissé imposer par une locution propre aux Hébreux; par l'emploi continuel et général du nom de Jéhovah? N'a-t-on pas confondu dans les mêmes mots, des fonctions dont la nature et le but offrent des contrastes profonds? Ah I sans doute, la théocratie des modernes a puisé dans la politique de Moïse! Une milice religieuse a été jetée comme un réseau au milieu des Etats. Mais quelle différence avec la magistrature de Lévi l L'une correspond à un point central étranger; elle a des intérêts séparés de ceux de ces Etats même; elle n'est attachée au pays ni par l'amour des femmes, ni par la sollicitude pour des enfans; elle est aveuglément soumise à des lois particulières et inconnues aux peuples, dans le sein desquels elle s'introduit. L'autre au contraire a son centre dans la capitale même d'Israël, sous les yeux du conseil national; elle a pour but de fortifier l'union nationale, de présenter sans cesse au peuple la loi qui règle le mode de sa propre existence, de diriger toutes les âmes vers les intérêts positifs de la nation et de l'homme : elle est citoyenne dans ses intérêts privés, citoyenne par ses affections de famille , citoyenne par ses espérances. Et quelle différence surtout entre les temps d'alors et les siècles modernes! L'état des esprits, la difficulté de la communication des pensées, l'enfance des sciences et des lettres, tout justifie l'institution de Moïse ; tout lui donne un grand caractère de sagesse.

Mais ces circonstances étaient de nature à changer; mais l'âme sublime du législateur aspirait à une époque où la connaissance des choses et l'intelligence des lois seraient également répandues sur tous. « Quoi! disait-il avec une généreuse indignation au jeune Josué qui voulait empêcher deux anciens d'Israël de prophétiser dans le camp, quoi! tu serais jaloux en ma faveur? Plût à Dieu que le peuple entier fût voyant comme moi-même 38; que l'esprit qui m'anime reposât sur eux tous; qu'ils devinssent tous sacerdotes de l'Eternel, de la justice et de la vérité, pour vivre long-temps et bien sur la terre! » Jérémie ne fit donc que répéter

sa propre pensée, quand il annonça que le sacerdoce spécial serait enfin superflu. « En ce jour, Jéhovah traitera une alliance nouvelle avec son peuple. Ils porteront tous la loi au fond du cœur, et il ne faudra plus que les uns enseignent les autres, en disant : Connaissez l'Eternel; car ils le connaîtront tous, depuis le plus grand jusqu'au plus petit39. »

Ainsi, la question est déjà éclaircie : ainsi les lecteurs ne seront plus abusés par la Vulgate, qui fait dire à l'Eternel : « Vous me serez un royaume sacerdotal; ni par Sacy, qui traduit: Vous serez un royaume confirmé par la prêtrise. » Les intentions cachées sous ces derniers mots ne sont pas pures. Le texte parle autrement :Vous êtes constitués d'une manière qui vous distingue de tous les autres peuples : vous deviendrez une nation sainte, un royaume, un peuple de sacerdotes : c'est-à-dire que bien loin d'être assujettis, comme il arrive en Egypte, dans l'Inde, partout, à des castes sacerdotales qui s'emparent des lumières, des richesses et du pouvoir, vous participerez tous également à ces lumières, à ce pouvoir, à ces richesses.

CHAPITRE II.

GRAND-CONSEIL DES ANCIENS, OU SENAT ET PETITS-
CONSEILS.

Les Hébreux étaient campés depuis un an dans les vallées du Sinaï, lorsque les trompettes sonnèrent. La nuée qui couvrait le tabernacle s'ébranla; les tribus, enseignes déployées, se mirent en marche et se dirigèrent vers la terrepromise. La première station fut dans la vallée de Paran. De violens murmures, pareils à ceux qu'ont entendu tous les chefs célèbres qui ont fait traverser des déserts à des troupes nombreuses, assaillirent Moïse. Il en conjura les effets : et comme la responsabilité morale qu'assumait sur lui l'espèce de dictature qu'il avait exercée jusque-là sous les yeux et avec l'approbation des anciens lui paraissait beaucoup trop pesante, il se hâta de faire participer

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