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charge. Ensuite l'assemblée des citoyens fut de nouveau convoquée, et l'ordre donné aux lévites de se présenter devant le pavillon où le conseil national s'asseyait pour délibérer. Là le peuple fit imposer par députés ses mains sur les lévites, et le grand-sacerdote les institua au nom des enfans d'Israël, comme un présent que ces enfans d'Israël faisaient de leur plein grék Dieu et à leur loil8.

Mais pourquoi désigna-t-on cette tribu préférablement à tout autre? Et pourquoi, dans son sein, Aaron et ses fils obtinrent-ils le sacerdoce? Ces choix, qui n'influent en rien sur la nature de l'institution, furent dictés par les circonstances.

La tribu de Lévi parut la plus convenable, sous ce rapport qu'elle était la moins nombreuse. Moïse, qui comptait parmi ses membres, l'avait déjà éprouvée dans une occasion où la plupart des Hébreux, entraînés par leurs dispositions superstitieuses, avaient enfreint plusieurs lois importantes qu'ils s'étaient engagés par serment à maintenir. Il ne faudrait pas croire, en effet, que ce fut la haute piété du patriarche Lévi qui l'eut distingué de ses frères et qui eut déterminé le choix qu'on fit de ses descendans. Lévi au contraire mérita d'être vivement censuré par Jacob, pour avoir exercé une odieuse vengeance sur une peuplade étrangère *.

Aaron était sans contredit l'homme le plus digne, par son esprit et par son éloquence, de remplir les fonctions de grand-pontife. Les éminens services qu'il avait rendus dans la sortie d'Egypte, lui avaient déjà mérité la reconnaissance du peuple; et la politique même commandait à Moïse de prévenir tout mécontentement de sa part. « Lorsque Dieu, dit Josèphe, eut inspiré au législateur d'établir son frère pour sacrificateur suprême, parce qu'il en était le plus digne, Moïse assembla le peuple, lui représenta les vertus d'Aaron, le zèle pour le bien public qui l'avait souvent porté à hasarder sa vie; et tous approuvèrent ce choix avec la satisfaction la plus vive '9. »

Si ces motifs étaient insuffisans pour détruire jusqu'au dernier doute sur le désintéressement absolu du législateur, je rappellerais que ses deux fils se perdirent sans distinction dans les rangs des simples lévites; qu'il déploya sou vent sur sa propre famille son inflexible impartialité; que l'homme qu'il proposa pour son successeur n'était membre ni de cette famille, ni de sa tribu; enfin qu'il dépendit de sa volonté de prendre le titre de roi, et de se faire encenser comme un dieu. Mais, il nous le déclare lui-même, sa véritable ambition consista à devenir le roi des hommes justes, en d'autres termes, aussi juste qu'il est possible à l'humanité. « Ce fut un grand et noble désintéressement de la part de Moïse, s'écrie un historien allemand, de n'avoir anéanti la liberté ni à son profit ni pour son frère;... et cependant l'oppression eut été facile envers un peuple que, si long-temps, il avait fallu tenir dans l'état errant des nomades. Les Israélites, ingrats, abandonnèrent les descendans de leur grand-prophète: du temps des juges on les voit dans le besoin ". » ment s'opéra; mais elle nous instruit des circonstances qui la rendirent aux enfans d'Eléazar. Abiathar, ayant pris parti contre Salomon, fut déposé et remplacé par Sadoc. Or, d'après les. chroniques, c'est la grande assemblée du peuple qui établit elle-même Sadoc * pour pontife, et lui donna l'onction le jour où elle établit Salomon pour roi ".

* Je reviendrai sur ce point, en parlant des rapports avec les nations étrangères , et de la prétendue intolérance qu'on a signalée, comme étant une base des lois mosaïques.

La désignation et l'institution du pontife n'appartenaient pas, ai-je dit, au conseil des sacerdotes, mais au sénat, et devaient en même temps emporter la sanction de tout le peuple : citons à l'appui quelques exemples.

Des quatre fils d'Aaron, les deux premiers ne laissèrent en mourant aucune postérité; la dignité de grand-sacerdote fut accordée à Eléazar, ensuite à son fils et à ses descendans. Sous les juges, cette dignité passa dans la famille du second fils d'Aaron, quoique l'autre famille fût loin d'être éteinte. L'Ecriture ne dit pas pour quel motif, ni de quelle manière ce change

Josèphe, qu'on n'accuse pas d'abonder dans les idées démocratiques, et surtout d'enlever leurs droits aux sacerdotes, reconnaît que cette dignité était ou devait être déférée par le peuple. Lorsque le neveu du pontife Onias adresse publiquement à son oncle des reproches sur sa conduite, il lui déclare qu'il est étrange qu'ayant été élevé parle peuple à l'honneur du sacerdoce suprême, il soit si peu touché du bien de son pays". C'est le peuple qui, par un consentement général, donne le pontificat à Juda Machabée; le peuple qui transmet la même dignité à Simon son frère ". « Le pontife, dit Cunaeus d'après Maimonide lui-même, était constitué par le conseil des anciens a4. » En effet, le grand principe des Hébreux, dans lequel les nations modernes retrouveront le germe de leurs idées sur les trois pouvoirs, est celui-ci : « Il y a trois couronnes en Israël : la couronne de la loi, la couronne du sacerdoce, la couronne de la royauté : cette dernière fut accordée à David et à ses descendans, la seconde aux enfans d'Aaron; mais la couronne de la loi, qui l'emporte sur les deux autres, est le partage de tous les enfans d'Israël; par elle les rois régnent et les juges de la terre rendent la justicea5. »

* Ces deux pontifes se partagèrent pendant quelque temps les fonctions de leur charge; mais Sadoc devait être considéré comme suppléant; il fallait toujours un pontife suprême.

Chez les Romains, le collége des pontifes avait dans sa juridiction, les adoptions, les mariages, les funérailles, les testamens, les sermens, les vœux, les consécrations, la rédaction des annales, la disposition du calendrier, et la fixation, mais en concours avec les jurisconsultes, des règles et formes des procédures judiciaires, et de toutes les choses qui tenaient au droit sacré 26.

Dans la prétendue théocratie des Hébreux (et y a-t-il rien de plus digne de remarque?), leurs fonctions furent loin d'obtenir une extension si grande. Ils n'étaient nécessaires ni au moment de la naissance des citoyens, ni dans les mariages, ni à leur mort. «La circoncision se faisait aussi dans les maisons particulières, dit Fleury, sans ministère de prêtres ni de lévites. Leurs mariages n'étaient revêtus d'aucune cérémonie de religion, si ce n'est des prières,

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