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Iranccs la cause du salut Je ses frères; au contraire, leur cruauté envers lui leur a attiré de grands maux. Il n'a pas souffert sans se plaindre: on le voit dans plusieurs endroits de sa prophétie. Ses souffrances n'ont point été volontaires. Sa génération est con

nue, etc.

IX. Ajoutons le dernier trait à notre démonstration, et montrons l'accomplissement exact, entier, parfait, de tout ce qui est prédit àu chapitre 53 d'isaie, dans la personne de Jésus-Christ. Si, comme nous l'avons plusieurs (bis observé, et comme on n'en peut douter, le véritable sens d'une prédiction doit être déterminé par l'événement, quelle prophétie a un sens plus clair, un objet plus nettement déterminé que celle-ci? Ce u'est pas ici une seule prédiction; c'est, à raison des différentes circonstances annoncées, un assemblage de prédictions, de prédictions diverses, de prédictions qui semblent même opposées entre elles. Si nous les voyons toutes, sans exception, littéralement accomplies dans une seule personne ; si nous voyous cette personne réunir, concilier dans elle tous ces caractères dont plusieurs au premier coup d'oeil paraissent se contredire; ne devons-nous pas être persuadés que c'est celte personne qui en est l'objet? Or, que cela se voie dans Jésus-Christ, c'est un fait tellement évident que le juif Orobio lui-même, quoique très-opposé au christianisme, convient formellement que l'histoire de la mort de Jésus-Christ, tracée par les évangélistes, est la copie exacte du cinquantetroisième chapitre d'Isaïe (1). Pour achever de nous' en convaincre, rapprochons des divers versets de ce chapitre ce que l'histoire nous rapporte, ou ce que la foi m>rs enseigne sur la passion de notre Sauveur (2). Nous y voyons:

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Son oblaliou volontaire: // a été offert parce qu'il l'a voulu (vers. 7).

Son innocence personuelle : // n'a point commit d'iniquités (vers. 9).

Son immolation pour nos péchés dont il est chargé: // a été blessé à cause de nos péchés, et accablé à cause de nos crimes... Dieu a placé dans lui l'iniquité de nous tous... Je F ai frappé à eause des crimes de mon peuple... SI on serviteur portera leurs iniquités... Il a porté les iniquités de beaucoup d'hommes (vers. 5, C, 8, il, 12).

Notre salut opéré par sa passion : Nous avons été guéris par ses souffrances... Ce juste, mon serriteur, justifiera beaucoup de personnes (vers. 5,11).

Ses souffrances, ses plaiesj ses humiliations : II n'a m figure ni beauté: nous l'avons vu, et il n'était pas reconnaissable, et nous l'avons désiré. Il est l'homme méprisé, le dernier des hommes, l'homme de douleurs, et cliargé d'infirmités. Son visage est comme caché et abattu ; et nous n'en avons fait aucune estime... Nous l'avons regardé comme un lépreux; et comme un homme frappé de Dieu, et humilié (vers. 2, 5, 4).

La comparaison de lui avec Barrabas et les larrons: // a été rangé parmi les scélérats (vers. 12).

Son inaltérable douceur : Il sera conduit à la mort comme une brebis, et tel qu'un agneau il se taira devant celui qui le tond, et il n'ouvrira pas la bouche (vers. 7).

Sa prière pour ses bourreaux : // a prié pour les cheurs (vers. 12).

Sa mort violente : // a été conduit à la mort comme une brebis... Il donnera les impies pour prix de sa pulture, et le riche pour la récompense de sa mort (vers. 7, 9).

La gloire cl la puissance que lui procurera sa passion : Parce que son âme a souffert, il verra et sera rassasié... Pour cela je lui donnerai beaucoup d'hommes en partage : il distribuera les dépouilles des forts, parce qu'il a livré son âme à ta mort (vers. 11, 12).

Est-il possible de réunir plus de traits de conformité entre une prédiction et un événement? Quand Isaïe aurait écrit depuis la passion de Jésus-Christ, en aurait-il mieux rappelé cl les motifs et les diverses circonstances? Et n'est-ce pas avec raison que saint Jérôme, considérant tout l'ensemble de ses prophéties, le regarde plutôt comme I'évangélisle que comme le prophète de Jésus-Christ (1)? Nous le disons aux incrédules comme aux Juifs : un rapport aussi frappant n'esl-il pas bien propre à leur faire ouvrir les yeux? Ne faut-il pas se les fermer volontairement,

ravit :Et ipse hœreditate possidebit multos.S.Joan. C/in/s. contra Judœos, quod Christus sit Deus, n, 4-5.

(1) Deinde etiam hoc adjiciendum, quod (Isaias) non lam propbeta quant evangelista dicendus sit. Ita enim universa Chrisli Ecclesixque mysteria ad liquidum prosecutus est, ut non eum putes de futuro vaticinari, sed de practeritis histoiiam texere. S. Hieromjmus, in Isaiam prologus; V. id-, Apol. adv. Rufinum. lib. 17.

pour ne point voir qu'une conformité aussi exacte entre les particularités si multipliées, si varices, si contraires à toutes les idées humaines de la prophétie, ci les circonstances les plus minutieuses de la passion, lient à une cause supérieure, et annonce celle prescience suprême qui seule connaît les événements qu'elle seule peut faire écloreî

X. Terminons cet ai ticle par une considération relative aux seuls Juifs :flattés des oracles sur la royauté et la gloire du Messie, ils les entendent dans le sens littéral d'une royauté et d'une gloire temporelles; embarrassés des autres prophéties sur les souffrances et les humiliations du Messie, ils prétendent qu'elles doivent être entendues dans un sens métaphorique. Nous, au contraire, nous soutenons que ce sont les prophéties sur les souffrances dont le vrai sens est le sens littéral, et que ce sont celles sur la royauté qui sont allégoriques. C'est là un des points principaux de la controverse entre eux et nous. Pour la décider, il faut revenir aux principes incontestables que nous avons établis plus haut; savoir; 1* que le sens métaphorique ne doit être reçu que sur de très-fortes raisons, et seulement lorsque le sens littéral est inadmissible. 2° Que le sens littéral ne peut ôire regardé comme inadmissible que dans trois cas : ou losqu'ilest contrarié par le texte même, ou lorsqu'il est opposé à d'autres textes très-posilifs, ou enfin lorsque l'événement montre la prophétie pleinement accomplie dans son sens métaphorique (I). Nous avons fait l'application de ces principes aux textes de l'Écriture qui annoncent la gloire du Messie, et nous avons fait voir que,par ces trois raisons réunies, ces passages n'étaient pas susceptibles du sens li:téral ; qu'ils devaient être pris dans le sens métaphorique, auquel ils s'adaptent parfaitement (2). Que les Juifs appliquent de même ces principes aux prophéties que nous venons de rapporter, et qu'ils veulent expliquer allégoriquemcnt sur la passion du Messie; que de ces trois choses ils en produisent au moins une ; qu'ils montrent dans ces .textes des particularités qui éloignent la signification naturelle, ou qu'ils citent d'autres textes aussi clairs que ceux-là, et qui y soient inconciliables; ou enfin , ce qui esl surtout décisif, qu'ils répondent à la correspondance, à l'accord pariait dans la personne de Jésus-Christ, des deux sortes d'oracles: de ceux qui annoncent la gloire, et de ceux qui prédisent les humiliations du Messie; qu'ils voient ses humiliations être le principe de sa gloire; qu'ils rapprochent les paroles d'Isaïe que nous venons de rapporter, que parce qu'il a livré son âme à la mort, le Messie recevra la puissance sur beaucoup d'hommes, et distribuera tes dépouilles des forts; de ces autres de l'Apôtre: Nous vouons Jésus, à cause de sa passion et de sa mort, couronné de gloire et d'honneur (3) : ils reconnaîtront le concert et l'enchaînement de ces prophé

1) Voyez, page 51.

2) Voyez page 249.

(3) Videmus Jesum, propter passionem monis, glerià et honore eoronatum. ttebr. 2, 9.

lies, qui semb'enl opposées, el que Jésus Christ réunissait en un seul point, lorsqu'il disait : // a fallu que le Christ souffrit, et entrât ainsi dans sa gloire (1).

Article XI.

Prophéties sur la liésurrection, l'Ascension, et la Descente du Saint-Esprit.

Nous avons aussi dans les livres prophétiques d'autres textes qui s'appliquent naturellement à JésusChrist , et qui ne paraissent pas pouvoir se rapporter à d'autres. Ils ont rapport aux dernières circonstances glorieuses de sa vie, à sa résurrection, à son ascension, à l'émission du Saint-Esprit sur ses Apôtres.

1. Ces paroles du livre des psaumes paraissent annoncer clairement une résurrection après la mort: Je me suis endormi, et j'ai sommeillé; et je me suis levé parce que le Seigneur m'a pris sous sa protection (2). Saint Augustin observe avec raison sur ce p issage, que s'il était question d'un simple sommeil, il n'y aurait rien de merveilleux, et que ce ne serait pas la peine que Dieu inspirât à son prophète la prédiction d'un réveil (3).

Dans un autre psaume, David s'exprime ainsi: Pour cela mon cœur s'est réjoui, et mon âme a été dans ta joie. De plus ma chair reposera dans l'espérance: parce que vous ne me laissera pas sous la terre, et vous ne permettrez pas que votre saint éprouve la corruption (4). Ces paroles ne peuvent convenir qu'à la personne de David, ou à un autre personnage que Dieu a ressuscité, de manière que son corps n'ait pas été corrompu dans le tombeau. Comme ce ne peut pas être de lui-même que David parle ainsi, c'est certainement ie quelque autre personnage. Ce raisonnement a élé fait par saint Pierre dans sa première prédication (5), et renouvelé par saint Paul à Antioche

(1) Nonne hœc oporluit pati Christum, et iia intrare in gloriam suam ? Luc. 21, 26.

(2) Ego dormivi, et soporaïus sum; et exsurrexi, quia Dominus suscepil me. Ps. 3, 6.

(5) De resurrectione quoque ejus nequaquam psalmorumoracula tacuerunt. Nam quid esl aliud quod in psalmo tertio ex personà ejus canitur: Ego dormivi , et somnum cepi ; exsurrexi, quoniam Dominus suscepit met An forlè quisquam iia desipil ut credat velul aliquid magnum r.obis indicare voluissc prophetam, quod dormieril el resurrexeril, nisi somnus ille mors esset, el evigilalio resurreclio ; quant de Chrisio sic oportnit prophetari? S. Augustinus, de Civil. Dei, lib. 18, cap. 18.

(4) Propter hoc lxtalum est cor meum, el exuliavitlingua mea. Insuper et caro mea requiescel in spe, quoniam non derelinques animam meam in inferno, tiec dahis saneluin tuum videre corruptionem. Ps. 15, 9, 10.

(5) Yiri fralres, liceat audenier dicerc ad vos de patriarchft David, quoniam defuncius esl et sepullus; el sepulchrum ejus esl apud nos usque in hodiernui;i dicm. Prophela igiiur cùm esset, et sciret quia jurejurando jurâssel illi Dcus de fruclu lumbi ejus sedere super sedem ejus, providens loculus est de resurrectione Chrisli, quia neque derelictus est in inferno , neque caro ejus, vidit corruptionem. Hune Jcsiimi suscitavil Dcus, enjus nos testes sumus. Act. 2, 29 et «cf.

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du Pisidie (i). Nous pouvons en conclure que de leur temps ce texte était regardé comme une prophétie, comme cne prophétie du Messie, comme une prophétie de la résurrection du Messie. Or, quel est le Mi-ssie à qui elle peut convenir, sinon celui qui est i tssuscilé le troisième jour, avant que la corruption inf.'ctàt son corps (2) T

Dans d'autres psaumes, David parait encore annoncer le même événement : Seigneur, vous m'avez retiré des bas lieux : tous m'avez garanti d'être du nombre de ceux qui descendent dans la fosse (3). Vous m'exaltez hors des portes de la mort, pour que je célèbre vos louanges (i). On trouverait encore difficilement une autre personne à qui ces expressions pussent convenir (5).

U. Nous avons aussi plusieurs textes des psaumes dont l'application est facile au retour de Jésus-Christ dans les cieux, et qui, au moins pour la plupart, ne pourraient être adaptés à d'autres. Princes, ouvrez vos portes: portes éternelles, abaissez-vous, et le roi de qkire entrera. Quel est ce roi de gloire? C'est le Dieu fort et puissant, c'est le Dieu puissant dans le corn bat (6). Le Seigneur s'est élevé dans la joie et au son de la trompette (7). Vous vous êtes élevé dans les airs: vous avez entraîné la captivité : vous avez reçu les offrande* des hommes (8). Célébrez le Seigneur montant à Corient au-dessus de tous les deux (9). Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jus

(1) Ideôque et aliàs dicit : Non dabis sanctum luum videre corruptionem. David enim in suâ generatione cùm adminisiràssel voluntali Dei, dormivil et apportas est ad patres suos.et vidil corruptionem. Quem Terô Deus suscitavit à mortuis , non vidil corruptionem. Act. 13, 35, 36, 37.

(2) Sed clamât is etiam psalmus decimus quinlus . Propter hoc jueundatum est cor meum, et exultavil lingua mea; insuper et caro mea requiescet in spe, quoniam non derelinques animam meam in inferno, nec dabis sanctum tuum videre corruptionem. Quis in eâ spe diceret requievisse carnem suam, ut non dereltcla anima suâ in inferno, sed cilô ad eam rcdeunle revivisceret, ne corrumperetur, sicul cadavera corrumpi soient, nisi qui tertià die resurrexit? quod utiquè dicere non possunt de prophelâ et rege David. S. Augustiiuts, de Civit. Dei, lib. 18, cap. 18.

(3) Domine, eduxisti ab inferno animam meam, salvasti me à descendentibus in lacum. Ps. 29, 4.

(4) Qui exaltas me de porlis mortis, ut annuntiem j.nnes laudationes tuas. Ps. 19, 15.

(5) Sed aliter quoque de illius reditu in vitam post mortem, dicit quodam loco valicinans David ex personàChrisli: Non relinques animam meam in inferno, >,eque dabis sanctumtuum videre corruptionem;et alibi: Domine, eduxisti ab inferno animam meam , salvasti me à descendentibus in lacum; et alibi : Qui exaltas nie de porlis mortis, ut annuntiem omnes laudationes tuas. Contra omnia hsec intendere ullam aciem, ne inimicissimos atque ingralissimos quidem posse arbitrer. Eusebius, Ucnwnst. evang., lib. 3, proœmium, n. 2.

(6) Attollite portas, principes, vestras; et elevamini port» seternales, et introibit rex gloriae. Qui? est iste rex gloriae? Dominus forlis et potens, Dominus potens in pra'lio. Ps. 23, 7, 8.

(7) Ascendit Deus in jubilo , et Dominus in voce tubae. Ps. 46,6.

(8) Ascendisii in allum, cepistt capttvilatem.

P,-57,9- ... „ À

(9) PsalliteDeo qm ascendit supci ciclum cœh ad

orientent, fs. 67, 34.

qu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marche-pied (1). Jai déjà observé que Jésus-Christ, raisonnant vis-à-vis des Juifs , et appliquant au Messie ce dernier psaume, montre que, selon l'opinion générale des Juifs, c'était une prophétie du Messie (2). Et à quel autre en effet qu'au Messie peut être appliqué cet oracle? Dans quel autre s'esl-il réalisé qiw dans Jésus-Christ? Celle prophétie est encore une des preuves que, dans sa première prédication, saint Pierre donnait de la divine mission de son maître. Il montrait que ce n'est pas de David lui-même que la prédiction devait être entendue, puisque ce prince n'était pas monté aux deux; et il en concluait que Jésus crucifié est celui nue Dieu a fait le Seigneur et le Christ (3).

III. La descente du Saint-Esprit, que nous avons vue miraculeusement exécutée sur les disciples de Jésus-Christ, peu de jours après son ascension, fait aussi partie des événements prédits dans l'ancienne loi. Je répandrai, dit le Seigneur par Zacharie, sur la maison de David, et sur les habitants de Jérusalem, C Esprit de grâce et de prières, et ils tourneront les yeux vers moi qu'ils ont percé (4). Joël avait été plus précis encore: Après cela je répandrai mon Esprit sui toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront : vos vieillards auront des révélations en songes, et vos jeunes gens auront des visions. El dans ces jours je répandrai mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servante* (5). Saint Pierre, au moment où il sort du cénacle, et où il ouvre sa carrière apostolique, rappelle aux Juifs étonnés des merveilles qu'opère l'Esprit-Saint, cet oracle de Joël, et leur dit que ce qu'ils voient de lui et des autres apôtres en est l'accomplissement (6).

(1) Dixit Dominus Domino meo : Seùe à de.xlris meis, donec ponam inimicos luos,-scabellum pedum tuorum. Ps. 110, 1.

Quod aulem parens universorum Deus Christum in coelum evecturus eral, cùm eum ex mortuis excitàssct, ibique retenturus donec perculiat inimicos et dxmones, ac numerus praccognitorum ab co bonorum et virtute praeditorum expleatur, propter quos etiam conflagralionem nondùm induxil, auditc proplieta: Davidis verba, quoe sunt ejusmodi : Dixit Dominus Domino meo : Sede à dextris meis, donec ponam inimicos tuos, scabeltum pedum tuorum. S. Justinus, Apol. 1, cap. 45.

(2) Voyez page 226.

(">) Non enim David ascendit in cœlum. Dixit aulem ipse : Dixit Dominus Domino meo : Sede à dextris meis, donec ponam inimicos tuos, scabeltum pedum tuorum. Certissimè sciât ergo omnis domus Israël, quia et Dominum eum, et Christum fecit Deus, hune Jesum quem vos crucifixistis. Act. 2, 34, 55, 56.

(4) Effundam super domum David, et super habitatores Jérusalem, Spiritum gratiae et precum ; et aspicienl ad me quem conlixerunt. Zachar. 12, 10.

(5) Et erit post haec, effundam Spiritum meum super omnem carnem, et prophetabuntfllii vesiri et filiae vestrse. Senes vestri somnia somniabunt,-ei jnvenes veslri visiones videbunt. Sed et super servos meos cl ancillas indiebusillis effundam Spiritum meum. loel 2, 28,29.

(6) Stans autem Pelrus eum undecim, levavit vo cent suam, et locutus est eis : Viri judaei, et qui habitaiis Jérusalem universi, hoc vobis nolum sit, et auribus percipite verba mea : non enim sicul vos sestimalis, hi ebrii sunt, cùm sit hora diei lerlia. Sed Article XII.

Prophétie* sur la conversion des nations.

En commençant cet article, je dois prévenir les lecteurs que je vais me irouver expose à beaucoup de répétitions. Dans la dissertation sur la propagation de la religion, j'ai déjà montré que ce long miracle prouve d'autant plus la religion, qu'il avait été prédit long-temps auparavant. J'ai à dire maintenant que les prédictions de cette révolution surnaturelle prouvent par leur accomplissement la vérité du Christianisme. Ces deux propositions rentrent l'une dans l'autre; elles sont absolument identiques. J'ai aussi établi dons l'article 5 de ce chapitre, que, selon les prophéties, le Messie devait être un docteur qui apporterait une loi nouvelle, non seulement aux Juifs, mais au monde entier, et que Jésus-Christ a accompli ces oracles. Cette preuve lient aussi de très-près à celle-ci, et lui est intimement unie. Un Messie docteur des nations, les nations recevant la doctrine du Messie, sont deux événements qui ont entre eux une grande liaison; et les prophéties qui annoncent l'un doivent être les mêmes qui ont prédit l'autre. Je me contenterai donc ici de renvoyer à ce que j'ai dit ailleurs, si je ne trouvais pas de nouveaux textes à joindre à ceux que j'ai déjà produits.

Trois propositions composent celte démonstration: 1° Un grand nombre de prédictions judaïques annoncent la future conversion des nations au vrai Dieu. 2° Ces prédictions ont été pleinement accomplies par Jésus-Christ. 3° Ces prédictions n'ont pu être ni dans leur publication le résultat d'une prévoyance naturelle , ni dans leur accomplissement l'effet du pur hasard.

I. La première de ces propositions est évidente à quiconque a la plus légère notion des saintes Ecritures: c'est une vérité qui ressort de presque tous les livres prophétiques.

Nous avons vu les promesses faites aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob, que dans un de leurs descendants toutes les nations seraient bénies (1). Dès le temps où Dieu commençait à se former un peuple qui conservât sa religion, il préparait la diffusion de sa religion dans tous les peuples.

On lit dans les psaumes plusieurs prophéties qui l'annoncent. Demande-moi, et je te donnerai en héritage les nations, et en propriété les extrémités de ta terre (2). Toutes tes contrées de la terre se convertiront au Seigneur, et toutes les familles des nations adoreront en sa présence (3). // dominera d'une mer jusqu'à l'autre, et depuis te fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. Tous les rois de la terre t'adoreront ; toutes les

hoc est quod dietum est per propheiam Joël : Et erit in novissimis diebus, dicil Dominas, effundam de Spiritu mco, etc. Act. 2 , il et se/.

(1) Voyez page 77.

«i Voyez page 182.

(3) Converlentur ad Dominum universi fines lerr»: et adorabunt in conspeclu ejus univers* familix gentitmi. l's. 21, 18.

nations lui obéiront (1). Toutes les nations que tous avez créées viendront et adoreront devant vous, Seigneur, et glorifieront votre nom (2).

Isaîc présente un grand nombre de semblable* oracles. Beaucoup de peuples iront, et diront: Venet et montons à ta montagne du Seigneur, et à la maison du Dieu de Jacob; et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dan» ses sentiers : parce que la loi sortira de Sion, et la. parole du Seigneur, de Jérusalem (3). En ce jour l'homme se prosternera devant son Créateur : ses yeux se tourneront vers te saint d'Israël, et il ne s'inclinera plus devant les autels élevés par ses mains, il ne regardera plus les bois et les temples ouvrages de set doigts (l). Je t'ai donné au peuple comme une alliance, et aux nations comme une lumière (S). C'est peu que tu sois mon serviteur pour ranimer tes tribus de Jacob, et pour convertir ta lie d'Jsraêt: voilà que je l'ai établi pour être la lumière des nations et le ministre de mon salut, jusqu'aux extrémités de ta terre (6). Le Seigneur a déployé son bras aux yeux de toutes les nations, et toutes les contrées de la terre verront le salut qui vient de notre Dieu (7). Je l'ai donné comme témoin aux peuples, comme chef et précepteur aux nations. Vous appellerez la nation que vous ne connaissiez pas. Les peuples qui vous ignoraient accourront à vous, à cause du Seigneur votre Dieu et du saint d'Israël, parce qu'il vous a glorifié (8). Ils révéreront le nom du Seigneur, ceux qui sont au couchant; et ils adoreront sa gloire, ceux qui sont au levant (9). Il* m'ont recherché, ceux qui auparavant ne me demandaient pas : ils m'ont trouvé, ceux qui ne me cherchaient pas. Me voilà, me voilà parmi la nation qui n'invoquait pa* mon nom (10). Je viens pour rassembler toutes les nations, toutes les langues. Elles viendront, et verront ma gloire, et je placerai parmi elles mon étendard. Et j'enverrai quelques-uns de ceux qui auront été sauvés vers les nations dans les mers, en Afrique, en Lydie, dans l'Italie , dans la Grèce, dans tes îles éloignées, vers ceux qui n'ont pas entendu parler de moi, et qui n'ont pas vu ma

(1) Voyez page 32.

(2) Omncs gentes quascumque fecisii 7 venienl, et adorabunt coram te, Domine , et glorificabunt nomen lunui. Vu. 85, 9.

(3) Voyez page 183.

(•t) In die illâ inclinabitur homo ad factorem suum, et oculi ejus ad sanctum Israël respicient. Et non inclinabitur ad attaria quae feccrunt manus ejus,' et quas operali sunt digiti ejus ; non respiciet lucos et delubra. /*. 17, 8.

15) Voyez page 183. 6) Voyez page 184. 7) Voyez ibid. 8) Ecce testera populis deili eum , ducem ae prsecentorcm gentibus; Lcce gentem quam nesciebas vo cabis ; et génies quae te non cognoverunt ad te eu r rent, propier Dominum Deum Unira, et sanciun Israël, quia glorilicavit te. Is. 55, 4, 5.

(9) Et limebunt qui ab occidcntc nomen Domini, et qui ab ortu solis gloriam ejus. h. 59, 19.

(10) Quaisierunt me qui antè non interrogabant *, invenerunt qui non quasierunl me. Dixi : Ecce ego, ecce ego ad gentem quae non invocal nomen meumf*. 65» 1.

gloire. Et ils annonceront ma gloire aux nations, et ils amèneront à ma montagne sainte ae Jérusalem tous vos frères de toutes les nations en offrande au Seigneur, sur des chevaux, sur des mules, dans des chars , duns 'des litières, dans des chariots, de mime que les eni fonts d'israil portent leurs présents dans des vases purs à la maison du Seigneur: et je prendrai parmi eux des prêtres et des lévites, dit le Seigneur (1).

Jéréuiie a aussi sur lu conversion de loules les nations plusieurs prophéties positives. En ce temps-là Jérusalem sera appelée le trône du Seigneur, et toutes les uations se réuniront à elle au nom du Seigneur (2). Les nations tiendront vers tous des extrémités de la terre, et diront: Véritablement nos pères ont été livrés au mensonge et à la vanité, qui ne leur a pas profité. L'homme se fera-t-il des dieux ? Mais ce ne seront pas des dieux. Pour cela, voilà que je leur montrerai celle fois, que je leur montrerai ma puissance et ma force ; et elles sauront que mon nom est le Seigneur (3)«

Entre les prophéties de Joël, nous usons celle-ci: Je répandrai mon Esprit sur toute cliair (4).

Sophonie annonce en plusieurs endroits le même événement : Dieu brisera tous les dieux de la terre. Tous tes hommes, toutes les Iles des nations t'adoreront de leur pays (5). Alors je rendrai pures toutes les langues des peuples, afin qu'il* invoquent tous le nom du Seigneur, et qu'ils te servent unanimement. Au-delà des fleuves de l'Ethiopie, mes adorateurs, les fils de ceux que j'ai dispersés, me présenteront de leurs offrandes (6).

Mous avons rapporté le célèbre oracla de Malachie: Je n* mets point ci» vous ma volonté, dit le Seigneur des armées, et je ne recevrai plus de présents de votre main. Car du levant au couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on sacrifie et on immole à mon nom une obiation pure : parce que mon

(1) Ycnio ut congregem ex omnibus gentibus et linguis; el reniait, et videbunt gloriam raeam. Et ponain in eis signum, et mittam ex eis qui salvuli fuerinl, ad gentes, in mare, in Africain et Lydiam tendantes sagiiuro, in Ilaliam et Grxciam, ad insulas longé, ad eos qui non audierunl de me, el non viderunl gloriam meam. Et annuntiabunt gloriam raeam gentibus et adducenl omnes fratres vestros de cunctis gentibus domum Domino, in cquis, et in quadrigis, et in leciicis, et in mulis, et ut carrucis, ad montent sanctum meuni Jérusalem, dicit Dominus; quomodo si inférant filii Israël munus in vase mundo in domum Doraini. Et assumant ex eis in sacerdolcs et levitas , dicit Dominus. /*. 66, 18 et seq.

(ï) Voyez page 313.

(3) Ad te gentes venient ab extremis terra?, el diceni : Verè mendacium possederunt patres nostri, vanitatem quas eis non proluit. Numquid faciet sibi hiimo Deos? el ipsi non sunt Dii. Idcirco ccee ego osteudam eis per vieem hanc, oslendam eis manum meam el virlutem meam, et scient quia nomen mihi Dominus. Jerem. 16, 19, 20, 21.

(4) Voyez page 262. (51 Voyez page 217.

(6) Tune roddam populis labium electum, ut invocent omnes in nomine Domini, el servianl ei bumero une Ultra domina i&hiopiœ, indè supplices mei, filii dispersorum mcorum offerent munus mihi.SopAon. 3, 10.

nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur des armées (1).

A ces oracles si nombreux, il ne serait pas difficile d'en ajouter d'autres aussi formels. Je ne me suis pas arrêté à prouver qu'ils étaient, au moins pour la plus grande partie, regardés par les anciens rabbins comme relatifs au Messie, ce serait une discussion superflue: elle ne pourrait avoir d'utilité que vis-à-vis des juifs actuels. Mais ils croient comme nous que le Messie doit réunir toutes les nations sous la loi de Dieu; ils le croient d'après les mômes prophéties que nous: qu'importe qu'il y ait quelques-uns de ces textes sur lesquels ils élèvent des difficultés, s'il sont d'accord avec nous sur le plus grand nombre? Us ne diffèrent de nous que sur la manière dont ils veulent que le Messie fasse reconnaître le vrai Dieu; ils prétendent, ainsi que nous l'avons vu, que ce sera par des victoires qu'il remportera à la tête de ses armées, et comme Mahomet a établi sa religion.

II. Mais nous leur disons, nous disons aussi aux incrédules , el c'est notre seconde proposition : sans cet appareil militaire, mais d'une manière bien plus admirable et absolument miraculeuse, loutes ces prophéties de la conversion des nations se sont accomplies par Jésus-Christ. J'ai employé une dissertation tout entière à prouver cette vérité : il est inutile d'y revenir.

III. La troisième proposition, savoir que ces prédictions si pleinement accomplies n'ont pu être ni faites par une prévoyance naturelle, ni lâchées au hasard, est aussi évidente que les deux autres. D'abord, en reconnaissant, comme nous l'avons prouvé dans la dissertation précédente, que la propagation de la religion s'est faite miraculeusement, il est évident qu'il n'y a que Dieu qui pût Fopérer, la prévoir, l'annoncer. Ensuite, il est plus elair que le jour qu'aucune lumière naturelle ne pouvait faire découvrir un événement aussi opposé à toutes les idées naturelles. Quelle prévoyance humaine pouvait, du temps des prophètes, faire deviner qu'un jour viendrait où il se présenterait un homme à la voix duquel tous les peupics, alors idolâtres, el très-attachés à leurs idolâtries, quitteraient leurs faux dieux et se réuniraient pour adorer le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob? Quel était le fait, quel était le principe connu de l'esprit humain, qui eût avec cet événement quelque connexion, qui pût en faire naître l'idée ? N'esl-il pas au contraire certain que tout ce qu'il y avait de faits connus, que tout ce qui existe de principes des actions humaines, repoussait cette pensée, en montrait l'invraisemblance, en présentait l'apparente impossibilité? 11 est également certain, également évident, qu'une aussi nombreuse quantité de prédictions n'a pas pu être faite et réalisée témérairement el par hasard. Qu'un nomme fasse à l'aventure une prédiction d'un fait vraisemblable, laquelle ensuite s'effectue, cela se conçoit aisément, cela s'est vu quelquefois:

(I) Voyez page 188.

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